Importation de volailles en CI, y a t'il péril?

Publié le par OUATTARA Navaga

Depuis quelques jours la guéguerre, entre ministère de la production animale et des ressources halieutiques, des importateurs d'un côté et l'interprofession avicole nationale de l'autre côté, bas son plein. Bien qu'étant acteur de la filière dans sa composante importation, je veux bien apporter un regard objectif au mieux de mes capacités pour le bien des consommateurs et de l'économie nationale. Mon analyse se veut non seulement interrogative mais également participative par les réponses que tous les lecteurs apporteront aux différentes questions. Ainsi chacun pourra se faire son idée.

1. Quels types de volailles sont produits en Côte d'Ivoire? 

Pour ma part, la Côte d'Ivoire produit trois (3) types de produits de volailles ou d'origine de volailles. Il s'agit (i) des poulets de chairs (ii) des poules pondeuses réformées (iii) et des oeufs de poule.

Donc la production locale n'est pas encore organisée à produire des abats de poule tels que (les cuisses de poule, les pattes de poule, les ailes de poule). Il se trouve malheureusement qu'à toutes les cérémonies, le besoin d'avoir ce genres de produits est fort.

2. La production locale arrive -telle à satisfaire la consommation locale?

Non! On a pas besoin de statistiques pour s'en apercevoir. L'on constate très souvent et de visu la pénurie sur le marché. Les périodes des fêtes sont les plus touchées. En cette période pour satisfaire le maximum de demandeurs, les producteurs sont obligés de vendre des pondeuses réformées. Ce qui explique la penurie d'oeufs de poule dès le mois de janvier pour s'étendre jusqu'en mars. En ce moment le prix du plateau d'oeufs tutoie des sommets records.

3. L'aviculture nationale produit-elle des dindes?

Non! Les produits de volaille issus de la famille des dindes sont inexistants dans la structure de production nationale. Le  rapport 2008 de la FAO, un organisme indépendant de toutes les parties prenantes, le démontre à suffisance. Or, il se trouve que la population nationale est demandeuse de ces produits qui n'existent plus sur le marché vu qu'ils sont frappés au même titre que les poulets par le régime de la taxe dite compensatoire.

4. La taxe compensatoire sur les "volailles" importées est-elle justifiée?

Non! Parce que le terme "volaille" est commun à toute une famille d'animaux qui ne sont pas concernés par la production locale que l'on souhaite protéger. En l'espèce, il aurait été bon de préciser le texte qui avait été pris à l'époque.

5. Dans ces conditions, des modifications à l'ordonnance de 2005 instituant la taxe compensatoire sont-elles justifiées?

Oui! Il faut non seulemnt préciser les termes utilsés afin de garantir les droits des uns et des autres, mais aussi et surtout permettre aux consommateurs d'avoir à choisir leurs préférences de consommation. On pourrait par exemple permettre les imporattions de dindes et autres produits dérivés (oies, canards, pintades...) Rationner l'importation de poulets et des abats de poulets en référant à certaines données statistiques disponibles.

6. L'importation des volailles pourrait-elle tuer la profession d'aviculteur?

Oui! Il est vrai que si les textes ne sont pas cadrés ont pourrait assister à un afflux massif de produits à moindres coûts qui pourraient plomber les éfforts des nationaux. Mais le protectionnisme béat n'est pas la solution aux problèmes.  

 

Je crois qu'il serait important que l'interprofession arrête de crier au loup. Les éléments d'appréciation et de jugement pour les décideurs politiques existent. Il faut seulement les interroger. Il ne s'agit pas d'une affaire d'étrangers ou de deal avec les importateurs. Le Ministre Adjoumani fait le travail pour lequel il est Ministre.

Je suis disposé à approfondir cette réflexion pour qui souhaite en savoir davantage.

Publié dans Economie

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