La coopération Sud-sud, intérêts et enjeux

Publié le par Nav

L’organisation en Côte d’Ivoire du premier salon de la coopération Sud-Sud semble se concrétiser. A quelques jours de cette échéance prévue pour le 21 au 24 septembre, et deux ans après le comité du G77+ La Chine à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, il nous paraît important de nous interroger sur l’opportunité, l’efficacité et les attentes  d’une telle initiative.

La coopération entre pays en voie de développement est simple. Elle consiste à permettre à un pays en développement de profiter de l’expérience et des compétences spécialisées déjà acquises par un autre pays en développement. Cette méthode se fonde sur le constat que les pays ayant les mêmes structures économiques ont généralement des problèmes analogues auxquelles elles doivent faire face. L’opportunité d’une telle rencontre paraît donc claire. La CI en abritant ces rencontres entre partenaires du Sud doit pouvoir tirer partie des expériences vécues et profiter de l’expertise d’autres participants à ce salon.

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que le développement des relations économiques, commerciales et financières entre l'Afrique et les autres pays du sud devrait permettre au continent de diversifier sa production, d'acquérir de la technologie et de développer les marchés régionaux. Au moment où l’expertise occidentale devient de plus en plus onéreuse., l'Afrique doit adopter des mesures afin que ses relations économiques avec de grands pays en développement comme la Chine, l'Inde et le Brésil, les BRIC, débouchent sur une diversification de l'économie et non sur la simple vente de produits de base et de matières premières utiles pour leurs industries et la création de valeurs ajoutées pour leurs économies. C’est à cette condition que la coopération Sud-Sud sera différente de sa devancière Nord-Sud et accouchera des promesses attendues. Le système global de préférence commerciale porté par l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud ne doit pas être un os dans la gorge.

Mais aussi, l’Afrique doit comprendre que si le Brésil et la Chine arrivent à construire des avions et des bateaux, se n’est pas grâce au Nigéria encore moins au Bénin. Elle doit aussi savoir que la coopération Sud-Sud ne doit pas se limiter à une coopération entre des économies émergentes et les pays africains. Mais que l’ouverture sur les marchés régionaux et sous-régionaux est en elle-même une étape importante vers l’émergence de nos économies. C’est dans la concrétisation de cette vision régionale et sous-régionale de la coopération que des entreprises ivoiriennes opèrent en Afrique. Les exemples du BNETD en Guinée Equatoriale et de la Société de transport Abidjanais qui doit livrer d’ici à la mi-septembre un total de 10 (Dix) bus estampillés Eburnys made in Côte d’Ivoire sont à relever. C’est dans la droite ligne des certitudes du Président Laurent Gbagbo, qui lors de la clôture des travaux de la douzième session déclarait la réaffirmation de son attachement au rôle de la coopération Sud-Sud qui offre aux pays en développement des possibilités immenses pour relever les défis auxquels le sud est confronté dans le cadre global du multilatéralisme.

En 2010, plus de 70% de la population mondiale vit dans les pays du sud plus la Chine. A niveau de consommation égale par habitant, les pays du sud représenteront plus de 80% du marché mondial. Une véritable aubaine commerciale, financière et économique. Et l’Afrique est au seuil du Milliard d’habitant pour 14% de la population mondiale.

Au moment où la coopération entre les pays du sud en voie de développement et les pays du nord a montré ses limites et ses carences, l’heure du mariage de la raison a sonné. Ce premier salon promet une belle brochette de participants dont le prix Nobel d’économie Muhammad Yunus. Il doit répondre concrètement à certains besoins exprimés.

Croire aux chances des relations bilatérales et multilatérales entre les pays du sud ne doit pas être une gageure. C’est une alternative crédible, une opportunité qui donne sur les portes du développement de nos pays et donc de la lutte contre la pauvreté. Il est donc permis d’espérer qu’une telle initiative, loin de l’effet d’un coup d’épée dans l’eau  débouche rapidement sur des partenariats concrets entre les pays du Sud, afin de définir un nouveau modèle de développement plus adapté à leurs besoins.

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