La galère des entreprises en Côte d'Ivoire

Publié le par OUATTARA Navaga

S’il y a bien des victimes silencieuses de la crise politique en Côte d’Ivoire, les entreprises et les opérateurs économiques sont dans les premières loges. Dès l’éclatement, en décembre, de la crise postélectorale, beaucoup d’entreprises se sont vues dans l’obligation de fermer boutiques. Nombreuses sont celles qui ont vues leur exploitation bloquée par le gel des opérations, notamment dans la construction des infrastructures et les services associés, des partenaires au développement du pays. L’embargo sur les ports d’Abidjan et de San-Pedro a empiré la situation déjà très difficile. Les entreprises exportatrices et importatrices sont bloquées. Les activités sont au ralenti. Des milliers d’employés se sont ainsi retrouvés sans emploi. Mais le mois d’avril restera le plus éprouvant pour les opérateurs économiques ivoiriens. En effet, la guerre d’Abidjan a presque brûlé les espoirs des uns et des autres. Des centaines d’entreprises ont été vandalisées et pillées. Malgré cela, il faut maintenant payer les impôts. DGI

La Direction générale des impôts, par la voix de son Directeur général, a rendu publique le réaménagement du calendrier des dépôts des bilans et états financiers des entreprises et du paiement des impôts sur les bénéfices. Le 20 mai prochain devient la date de paiement du premier tiers de l’impôt. Bonne date ? Pas si sûr ! Même si l’on peut bien comprendre l’urgence pour l’Administration fiscale de relancer la mobilisation des ressources financières de l’Etat, il ne faut pas perdre de vue la grande désolation et le malaise qui règnent dans l’environnement des affaires actuellement. Des entreprises ont jusqu’à ce jour des marchandises bloquées dans le Port d’Abidjan pour frais exorbitants dus à ces semaines d’affrontement. Les opérateurs restent suspendus à une décision d’annulation de frais de l’administration portuaire qui tarde à tomber. Les activités restent bloquées malgré le dénouement politique de la crise.

Accepter d’aligner, exceptionnellement, le paiement de l’impôt sur les bénéfices sur les dates de dépôts des états financiers tels que indiqués pourrait être un pas vers la compréhension des problèmes financiers rencontrés par les entreprises.  Alors, seulement, on ne tuera pas la poule aux œufs d’or.   

Publié dans Economie

Commenter cet article