La jeunesse, priorité nationale ?

Publié le par OUATTARA Navaga

Au plus fort de la crise politique que la Côte d’Ivoire vit, au-delà des forces armées, après les questions d’ordre sécuritaire qui sont posées çà et là, la jeunesse reste l’une des pièces maitresses du puzzle de la reconstruction nationale. Jeunes déscolarisés et autres sans emploi, vendant divers

Quelle devra être la place des jeunes dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire ? Comment la Côte d’Ivoire peut-elle retrouver la quiétude sans désamorcer la bombe à sous munitions que représente les jeunes déscolarisés, désœuvrés et au chômage dans ce pays ? Ces questions se posent avec autant d’acuité que les populations ivoiriennes se sont de plus en plus appauvries durant ces dix dernières années et que plus de 70% des ivoiriens ont moins de 35 ans.

La nécessité de reconstruire notre Education nationale

Parmi les places disponibles et qui appartiennent absolument et exclusivement aux jeunes ivoiriens et ivoiriennes dans le train de la reconstruction de la Côte d’Ivoire nouvelle, se trouve l’Ecole.

La réforme de l’éducation nationale doit avoir pour objectif principal de redonner l’envie aux enfants d’aller à l’école dans un environnement sain et propice à l’apprentissage. Mais elle doit aussi permettre de faire évoluer le contenu des enseignements pour répondre aux exigences actuelles de la société nouvelle. Dans une société égalitaire, l’éducation scolaire reste une clé de répartition juste et équitable entre les populations.

Pendant longtemps, l’école est restée tout sauf un lieu d’apprentissage des enfants. La Fesci y a régné de main de maître aussi bien dans les collèges et lycées qu’à l’université. C’est la peur au ventre que les étudiants et les enseignants se rendaient dans les amphis. La démotivation et le découragement avaient commencé à gagner élèves, étudiants et enseignants. Dans ces conditions, nous étions forcément dans une crise de l’éducation nationale. Or, tout jeune sorti du circuit scolaire par dépit ou par contrainte demeure un problème de société. L’insertion socio-économique devient plus compliqué et incertaine pour ces personnes.

La nouvelle Ecole ivoirienne doit se débarrasser de toute forme d’injustice, de syndicalisme politicien et de compromission pour atteindre ses hauteurs d’antan. La libéralisation de l’environnement syndical et associatif des élèves et des étudiants doit être désormais effective et encadrée par la force de la loi. C’est même une condition importante à l’éclosion des valeurs nouvelles que notre université prônera.

La création d’emplois pour les jeunes et la réinsertion des ex-combattants

Il ne faut pas se voiler la face ; cette crise politique est vite devenue une crise socio-économique en l’espace de quelques mois. Le chômage ambiant des jeunes a fait le lit de la guerre et de la contestation à tout vent. Les jeunes sont longtemps restés en marge de la société ivoirienne. Utilisés et instrumentalisés, c’est tout naturellement que certains se sont constitués en milice pour, non pas soutenir une cause politique comme on veut le faire croire mais, se servir volontiers dans une société ivoirienne maladroitement inégalitaire. Ils sont de part et d’autres sur toutes les lignes de front. Une analyse froide et responsable de leurs comportements témoigne bien de leur état d’esprit : Des laissés-pour-compte.

Il nous faut rassurer ces jeunes. L’assurance dont ils ont besoin aujourd’hui ne doit pas se limiter à des garanties de protection physique ; ils doivent avoir confiance en l’avenir. Ils doivent être rassurés que le dépôt de leurs armes ne sera pas synonyme de chômage et de galère.  Sous d’autres cieux, l’école de la deuxième chance a été une panacée remarquable.

C’est vrai que la réinsertion avait bien débutée depuis quelques années sous la houlette du Programme nationale de réinsertion et de réhabilitation communautaire, mai elle s’est malheureusement heurtée à la reprise des hostilités ces derniers mois. La création d’emplois pour les jeunes et la réinsertion des ex-combattants est une autre priorité, un autre défi. Un défi à relever absolument pour garantir une paix solide et durable. La jeunesse ivoirienne souhaite seulement que son droit inaliénable à un emploi décent soit garanti ; elle est en quête de soutiens pour l’expression de sa liberté d’entreprise.

C’est peut-être à cette condition que les jeunes ivoiriens prendront l’engagement républicain de sauvegarder la paix et la stabilité de notre pays. Le Président Ouattara et son gouvernement n’ont pas le droit de décevoir ces attentes légitimes de la jeunesse ivoiriennes s’ils la considèrent comme une priorité nationale.

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