Les enjeux de la guerre du cacao en Côte d’Ivoire

Publié le par Nav

Séchage de cacaoPremier producteur et exportateur de la fève brune avec environ 1,3 millions de tonnes (40% de la production mondiale), la Côte d’Ivoire a toujours été au cœur de la spéculation sur les marchés du cacao.

Or, depuis bientôt de deux mois une interdiction d’exportation, avalisé par l’Union Européenne, frappe de plein fouet le secteur le plus pourvoyeurs d’emplois dans le pays avec plus de 500 000 planteurs. Au début de l’embargo, les multinationales (Cargill, Barry Callebaut…) continuaient les opérations d’achat local et de conditionnement. Les financements bancaires étaient encore disponibles. Mais la fermeture des banques et institutions financières dans le pays n’a pas arrangé les choses. Les entreprises du secteur ont soit fermée ou réduit aux minima leurs opérations.

En pleine saison de campagne, la production nationale qui permet a l’Etat ivoirien d’empocher annuellement plus de 400 milliards en DUS (droit unique de sortie), sans compter les guichets de la parafiscalité, est devenu un robinet sans eau.

Autant de raison qui ont poussé à la « nationalisation » de la filière. On revient donc à une espèce de CAISTAB où l’Etat centrale est propriétaire ( ?) de toute la production nationale et se charge de la commercialisation à l’extérieur. Problème ? Il faut à l’Etat une manne financière conséquente pour les achats des produits bord-champ. En ces temps de vache maigre toute la difficulté s’y résume.. Un simple calcul nous donne quelques idées. Les experts estiment à 300 000 tonnes, la quantité de fèves encore disponibles dans les plantations. Avec un prix bord champ de 650 FCFA, il faut un décaissement de 195 milliards de FCFA pour l’achat des fèves au moment où les priorités sont rangées en ordre de priorité. A cela, il faut ajouter un besoin d’expertise pour les opérations d’achats, de stockage et de conditionnement ; car le cacao fait partie des cultures exigeantes en la matière. Encore qu’il reste à avoir des débouchées.

La Chine et la Russie peuvent-elles être la porte de sortie ?

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